De Pourquoi Mon Coeur appartient à Fairuz

 Cet article aurait pu s’intituler “De Pourquoi Fairuz Devrait être Enseignée dans les Ecoles”, “De Pourquoi Fairuz est irremplaçable” ou encore “De Pourquoi Fairuz Devrait Remplacer Tous ces Gros Bonhommes Corrompus au Gouvernement Libanais”. J’ai cependant choisi de lui donner ce titre car à chaque fois que les premières notes de Keefak Enta résonnent, c’est mon coeur qui s’envole, moi qui ressemble à Maria Callas (au niveau du nez principalement) mais ne parviendrais sans doute jamais à articuler un son qui ressemblerait de près ou de loin à une mélodie.

Fairuz, c’est ma copine, elle m’accompagne, reste dans un coin de ma tête toute la journée, me rappelle constamment à mon pays, ponctue ma vie de ses modulations enjôleuses, tristes, nostalgiques, joyeuses ou graves. Connaître Fairuz, c’est s’assurer une bande originale de vie de la plus haute qualité. Sa voix doit venir des anges, c’est la seule explication possible et plausible que j’ai réussi à trouver pour tenter d’expliquer rationnellement l’inexplicable, autrement dit le pourquoi du comment qui fait que son timbre, sa tessiture, sont propices à la nostalgie aigue, au bonheur insensé, au désespoir sinistre.

Quand Fairuz chante Zahrat El Madeyyen, j’ai envie de lever mon poing au ciel et de sauver la Palestine. Quand sa voix s’envole sur Habeytak bil Seif je revois la demande en mariage de mon futur mari. Quand je réécoute Ya Hawa Beyrouth (oui tout à fait je dois avoir une fibre masochiste, j’aime écouter des chansons qui serrent le coeur, mais ne vous y méprenez pas, j’aime bien les Spice Girls aussi) j’ai les larmes aux yeux (oui et en plus je fais preuve de sentimentalisme mièvre, si vous avez un remède je suis preneuse).

Je me lève avec Keefak Enta, travaille avec Bint el Shalabbya, me couche avec Sheyf El Bahr, toujours dans un coin de ma tête je vous dis, cette Dame – au sens désuet du terme, avec une  majuscule s’il vous plaît- est une ensorceleuse. Sa voix, envoûtante, sa présence, hors du temps. Fairuz sur une scène, droite, grave, sérieuse, chantant avec l’air d’une martyre à qui le Destin aurait donné une voix céleste, qui ne peut faire autrement que d’utiliser ce prodigieux talent comme si elle y était forcée par une quelconque puissance supérieure. Fairuz sur une scène, et c’est tout le monde Arabe qui relève la tête, ce qui est déjà un miracle en soi, ne serait-ce que le temps d’une chanson.

Et puis n’oublions tout de même pas que Fairuz a donné naissance à Ziad Rahbani, génieux capricieux s’il en est, second amour du monde arabe après sa mère.

Pas mal Nouhad, pas mal ma petite Turquoise d’un pays encore plus petit.

Pour ceux qui ne connaisse pas Fairuz, voici un article que j’ai écris précédemment sur mon autre blog, plus descriptif et expliquant mieux sa trajectoire: http://cafethawra.blogspot.com/search/label/Fairuz

Et comme les mots se meurent devant la musique

http://www.youtube.com/watch?v=vGFrg5mfkiY

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