Smokin’

Disclaimer: This post IS NOT an apologia for smoking. Smoking harms you, causes lung and other types of cancer, may impair your fertility, damages your skin and whole body (not to mention is highly addictive and turns you into a junkie always looking for a cigarette in your bag, pockets and/or jackets).Besides, smoking is not good for your guilt levels, as you really feel like a fool giving money to a government that’s busy firing people and cutting health and education budgets, not to mention the awful companies that produce them. Take it from me, the girl stuck in her eternal attempts to quit.

I’ve been asking myself a lot lately the following, simple yet tricky, question: why do I smoke? In my teenage years, I tried persuading myself that I was smoking because I enjoyed it, not because everyone else was doing it. Of course I was doing it because everyone else was doing it, seriously, I was 13, in love with Bob Dylan (another chain smoker) and Liam Gallagher (ditto) and just wanted to look like Deborah Harry (Minus the blond hair, slender figure and cheekbones, but hey, I had hope).

I grew up, and carried on smoking, with phases where I would completely stop. Oh the delicious smugness of being able to tell off smokers with a superior, yet compassionate air, in a kind of “Oh I’ve been there, but with will you know, you’ll manage to stop it’s so bad for you”, only to go back to the dark side only weeks afterwards, in the midst of sincerely sorry for me chimneys.

I’m a writer, see, and really like the version of myself as an artistic type, prone to mood swings, dramas, angst and fears, always in my dreams, lost in the limbs of my future novel, future blog post, future work e-mail (although this part does not require a lot of imagination). Being an artist in my scheme thus required a heavy use of drugs, or alcohol, or both. Not having the courage (or self hate or necessary despair) to fully engage in heroin (I’m afraid of needles, what can I say?) I chose the most accesible drug I could find, tobacco.

So I fulfilled one of the conditions of the tormented artist, what were my other excuses for smelling like cold tobacco and coughing non stop? Well, I do believe that smoking can be seen by some as a social pleasure (a harmful one, I ll never tire of saying it), that sometimes you just feel like enjoying a good cigarette with a strong coffee. However, it’s also my belief that smoking goes hand in hand with self esteem issues. Holding a cigarette gives you a kind of social posture, seems to be the tiny accessory that will complete you, make you a whole person. Stupid? Probably, given the effects of the susbtance, but for a shy person like me, it always helped striking a conversation during evenings where I didn’t know anyone. Smoking is very much linked with self esteem, if only in the sense that no one would harm one’s body this way if it valued it properly.

Another reason for my smoking has been stress. Here’s how it goes. Something stresses me. My heart starts racing, and suddenly, suddenly, the neeeeed of a cigarette pops into my mind. I want a smoke, I want to cope with this stress, nicotine will help. As soon as I start inhaling, a frsh ruch of guilt sweeps over me, preventing me to actually enjoy it. So on the one hand I’m trying to evacuate stress, while on the other I’m just piling up more stress on my poor shoulders as I keep thinking thisisbadformethisisbadformethisisbadformethisisbadformethisisbadformethisisbadforme

All right, maybe it’s about time I just cut off the habit and give a rest to my poor anxious soul. I’m happy to receive any suggestion to cool down, and please don’t say yoga or I’ll just go straight back to chain smoking. I.Do.Not.Want.To.See.Myself.As.A.Golden.Egg.

Advertisements

Mashallah News

Link: Mashallah News

Café Thawra and MyrrhandMint are behind you! may the Force Be With You!

fattouch:

We are: a journalists’, bloggers’ and graphic designers’ collective. Mashallah is our platform of disOriented news.

We were born: in 2010, at the end of a long and hot summer.

We are based: in Beirut, the funky and decadent capital of Lebanon.

We come from: all over the Mediterranean sea and beyond. We were born and bred OR chose to live in the region.

We aim at: spreading a new outlook on countries from Morocco to Iran, everywhere the word Mashallah is used, thanks to our team of Extremely Motivated Correspondents reporting from major cities in the region.

We are interested in: underground cultural scenes, social taboos, multilingualism, identity crises, organic wine, urban planning, body painting, humor, art and going beyond mental, cultural and national frontiers.

We are tired of: cultural propaganda, bribes, scape-goats, Lawrence of Arabia, CNN, ill-informed foreign correspondents, camels, Samuel Huntington, pollution, palm trees and flying carpets.

We believe in: describing cultural change, social issues and the unexpected, rather than repeating stereotypes and simpleminded images.

We are: a multilingual platform because we support diversity and want to reach English, French and Arabic speaking audiences.

Troisième extrait du prochain roman…

Noha

J’avais 15 ans et j’étais bête.

Voilà comment pourrait commencer le roman de ma vie. J’avais 15 ans, bon sang, quand je m’en rappelle, si j’arrive à m’en rappeler, je me demande bien ce qui m’a prit d’être aussi stupide. Je l’ai vu, et je me suis mis en tête que ce serait lui et personne d’autre. Je devais sans doute trouver cette dévotion d’un romantisme échevelé, ou j’avais un chronique besoin d’affection après la mort de ma mère, je ne sais pas. A l’époque, je pensais que c’était moi qui dirigeais notre relation. Après tout, ne l’avais-je pas pris de haut lorsque l’on nous avait présentés ? Je me regarde à présent dans le miroir ouvragé que j’ai spécialement choisi pour notre chambre à coucher, ce miroir de bois et de nacre que j’ai spécialement fait venir de Damas, prise dans ma frénésie décorative à l’époque où je cherchais encore à camoufler mon désespoir derrière le masque de la ménagère parfaite, qui a tellement de goût n’est-ce pas, jamais un faux pli sur mes cols blancs, modèle de l’épouse sacralisée et comblée.

Je me regarde dans ce miroir et tout ce que j’y vois, c’est une femme encore jeune et éteinte, aucune étincelle d’enthousiasme dans mes yeux trop rougis, mes cernes se creusant de jours en jours. Je me dis qu’il me faudrait un peu de maquillage, des bijoux qui étincelleraient à ma place. J’aimerais pouvoir me présenter à toute cette société qui envahira ma maison ce soir, comme tous les soirs, sans fards ni déguisement, sans masque, mais j’ai toujours été une chiffe molle, je n’ai jamais su, ou voulu, ou pu rien faire par moi-même et pour moi-même. J’aimerais être comme cette fille qui me dévisage tous les matins sur son balcon, qui tire sur sa cigarette comme un homme, avec tellement de rage dans chacun de ses gestes félins, tellement d’arrogance dans sa façon de boire son café que chacun de ses gestes me semble être un défi au monde. Comme j’aimerais posséder sa puissance, sa pulsation de vie !

Je ne sais plus comment Fouad et moi en sommes arrivés là. Lorsque je l’ai rencontré, lui, du haut de ses 19 ans, grand, brun, sûr de lui et possédant plus de prestance que n’importe quel autre garçon que j’avais connu, il me semblait qu’il n’existait pas de plus bel homme sur terre. Je faisais semblant de prendre notre idylle pour ce qu’elle semblait être aux yeux de tous, une simple amourette de vacances entre la bourgeoise syrienne habitant Paris et le mauvais garçon de la ville conservatrice, mais je sentais bien au fond de moi monter ce désir permanent de lui, cette rage farouche qui ne m’a jamais quittée depuis. Qu’est-ce que j’étais bête. Je vivais à Paris dans un magnifique appartement du XVIème, j’allais au lycée Janson de Sailly, je parlais à peine quelques mots d’arabe et me rendais à Alep pour faire plaisir à mon père. Une parfaite bourgeoise parisienne. J’avais des envies d’étudier le journalisme, des projets plein la tête, très peu pour moi la simple vie d’épouse et de mère, cette vie que je percevais comme grise et monotone, réservée aux pauvres filles qui ne savaient rien faire d’autre de leurs dix doigts.

Et regardez-moi maintenant. La plus paumée de toutes ces pauvres filles que je méprisais il n’y a pas si longtemps, ou peut-être était-ce à des années lumière.

Voilà aujourd’hui à quoi se résume mon existence: je vivais pour moi, je l’ai rencontré, j’ai vécu pour lui. Et je n’ai jamais cessé de le faire. 

Cet été-là, j’étais repartie à Paris son regard de velours imprimé au fer rouge dans ma rétine, une furieuse envie de rester près de lui me collant au ventre, ne sachant comment faire pour rester en contact permanent avec lui. Chaque jour je courais depuis le lycée jusqu’à la maison pour lui écrire des lettres enflamées, toutes plus insipides et mièvres les unes que les autres. Oh bien sûr, mon père désapprouvait royalement cette relation, et ma mère… Ma mère ne disait rien, elle était morte et enterrée, elle m’avait abandonnée, elle nous avait tous abandonnées moi, mon père et mes frères, et je n’étais pas prête de lui pardonner. Le problème, c’est que sa voix hantait encore mes pensées, et que je ne pouvais, et ne peux toujours rien faire, sans entendre cette voix si douce, presque un murmure aussi fantomatique que la personne supposée me le susurrer,  commenter mes moindres faits et gestes et me conseiller sur les grands moments de ma vie. Quoique je fasse et peu importe les efforts herculéens que je déploie pour me débarasser d’elle, elle revient et reste là, nichée dans le coin le plus obscur de mon cerveau dérangé.

J’entends les domestiques qui s’activent dans la cuisine, les pas de Fouad qui se rapprochent de notre chambre. Bientôt il sera là, bientôt il me dira de son air indolent de me dépêcher. Il regardera les cernes qui cerclent mes yeux rougis, mon teint blafard et mon regard absent, et je sais qu’un seul haussement de ses épaules, une seule moue méprisante et dégoutée me dévasteront plus que mille cris réunis, car mon mari est de ceux qui ont bien compris qu’il existe d’autres moyens de broyer une personne que la violence qui laisse des marques. Je m’empresse donc de passer un coton imbibée d’eau de rose pour rafraîchir ma peau (mélange l’eau de rose avec une larme d’eau de fleurs d’oranger, me dit la voix de ma mère, ce fantôme ayant élu résidence dans mon âme sans y avoir été invité), d’étaler les poudres, de tracer le khôl et d’abuser des fards qui me rendront un peu de cet éclat perdu. J’aime le maquillage, c’est comme un masque avec lequel je me sens plus confiante, prête à affronter le monde du dehors. Comme si ce n’était plus moi qui sortait. Fouad entre en trombe dans notre chambre, apportant avec lui les odeurs et les bruits du dehors, un courant d’air frais mêlé de poussière, d’odeurs de cuisine et d’épices, et de quelque chose de plus sulfureux que je me refuse à investiguer. Je le vois s’évaluer l’espace d’un instant dans ma glace de Damas, puis les questions fusent: qu’as-tufaisàmangerpourquoinestupasprêtequattendstupourthabiller. Un poème de chevalerie et de galanterie mon mari, une Carte du Tendre à lui tout seul. Je dois le quitter, voilà ce que moi, ou ma voix, ou nous deux, nous nous (je me) disons (dis).

Ne vous inquiétez pas, l’honneur est sauf, je ne le ferai pas.

Je suis trop faible pour ça.

Parfois, je m’ennuie moi-même, qu’est-il advenu de la jeune femme que j’étais? Je sais qu’elle est là quelque part, moribonde, mais prête à renaître de ses cendres, et j’attends patiemment l’heure à laquelle elle choisira de se rebeller contre celle qui la tient captive. Moi. La femme qui ne se sauvera même pas elle-même.

Il parle, Il parle, il ne sarrête pas, il veut que je fasse mille choses encore avant que ses précieux invités narrivent, et moi assise à ma coiffeuse, je me concentre de toute mon âme sur ma toilette pour éviter son regard, éviter cette humiliation que  constituent ses yeux indifférents.  Jaurais de loin préféré quil me haïsse, ne serait-ce que pour me prouver à moi-même qu’il m’a un jour aimée.

Et pourtant, il m’a aimée, je le sais, je refuse de croire que toutes ces envolées lyriques dont il me gratifiait n’étaient en fait que de sombres ruses pour accéder à ma fortune, ou plutôt, à celle de mon père, et lancer ainsi sa carrière, lui, l’homme débrouillard qui n’a jamais ouvert un livre.

Ah oui vraiment, j’étais trop bête. Nous n’avion rien en commun, absolument rien, il était aussi pragmatique et terre-à-terre que j’étais rêveuse, j’adorais lire, il se moquait gentiment de moi et de mes lunettes, il ne vivait que pour le prestige et la reconnaissance de ses pairs, j’étais allergique à la société. Et pourtant, que de fois m’a-t-il quittée, et que de fois ai-je rampé à ses pieds. Pour lui, j’avais tout oublié, ma loyauté envers ma famille, mes amis, mes études. J’avais même tenté d’enterrer la voix de ma mère qui ne me quittait plus depuis sa mort. Je ne voulais pas l’entendre me crier mes erreurs, me souligner mes manquements. Je ne voulais qu’une seule chose: la certitude que quelqu’un m’aimerait de façon inconditionnelle, comme elle n’avait jamais su le faire, comme mon père tentait en vain de le faire, comme je saignais pour que quelqu’un le fasse. Et ce devait être lui, ce ne pouvait être que lui, je l’avais trouvé, je ne pouvais ni ne devais le laisser s’éloigner. J’en faisais mon affaire d’Etat personnelle.

Une idiote je vous dis, et tandis que je m’apprête silencieusement, comme une petite souris craintive et obéissante, j’ai envie d’arracher ces jolis yeux que j’habille de mascara pour me punir d’être toujours l’idiote finie que je suis devenue, l’imbécile que je n’étais pas jusqu’à mes 15 ans.

On How I Love my Country (But would not mind changing a thing or two)

… Like

  • How nobody treats you like an accomplished adult woman, no matter what you have achieved, until you’re married and have had your picture published in Prestige. Or Mondanités. Or any of these stupid magazines that scare the hell out of me whenever I’m a at the hairdressers’ in Beirut. Too much Botox kills the Botox (and frankly, is an eyesore)
  • How all women’s attempts at assertiveness are dismissed either by puzzled looks, patronising behaviours or even anger
  • How everyone force feeds you. People, I know you mean nothing but the best, but I’m a grown 26 year old woman who has never been known to starve herself. Take it from me, if I don’t want to eat, you asking me 12000 times is not going to change my mind. At most, it might make me want to push your head in the mjaddara.
  • How you can’t have a moment to yourself without 200 people asking what’s wrong with you. Nothing’s wrong with me except your constant badgering.
  • How EVERYONE meddles in your business, which goes hand in hand with live news updates on what you’re doing and where. Screw Facebook Places, the app’s nothing in front of Lebanese networks, where everybody knows you, your parents, your grandparents, even if you don’t know THEM. By the way who was this boy Tante Laure saw you with on saturday night? huh? huh? huh?
  • How people speak about you as if you were not there. This is especially true at the hairdresser’s, where said hairdresser and apprenti speak above your head. In the words of the great Chandler: “Should I use my invisibility cape to fight crime or evil?”I. Am. Right. Here. People. AND fully aware you’re tired of my difficult hair (which is admittedly black, curly and thick, but I won’t apologise. At least I haven’t burnt it with Keratine and dyed it Baby Blond)
  • How Racism is rife. Filipinos steal, Palestinians should go home (which they’re literally dying to anyway), Sri Lankans are not clean, fair skinned women are prettier than darker skinned ones and the list of prejudices goes on and on. Charles Malek did not sit in that UN Room in 1948 for hours so that his fellow country men and women could ignore and mistreat the Universal Declaration of Human Rights he helped initiate and draft. Make him proud!

I do love Lebanon and the Lebanese to bits, but I don’t think it’s useful to keep throwing us flowers while there are many, many things that just aren’t working in our societies. It does not serve the Lebanon I’m hoping to see.

Just leaving you with the hilarious Maya Zankoul who always knows how to translate my sentiments into intelligent and spot on drawings: http://mayazankoul.com/2009/12/30/quid-pro-quo/

Facebook | Vernissage de mon exposition photos et Présentation des vins du Domaine

Link: Facebook | Vernissage de mon exposition photos et Présentation des vins du Domaine

For those in Switzerland, don’t miss Juliet Daher Bory photo exhibition. Juliet Daher Bory has been travelling around the world, shooting conflict ridden areas, peaceful shores and breathtaking sceneries all over the world. She has an incredible eye for details and colours, which you’ll be able to see for yourself if you come!