On Shadows and Secrets

I know a woman who doesn’t want to know herself. I’ve been wanting to write about her for a while now, but never really got the full grasp of her, never felt I could use her reality to dress my fiction. It always felt too personal, I always felt as if I were cheating her, revealing part of her life without giving HER the opportunity to do so.

And yet the thought of writing about her, the force that drives me to write these very words is so overwhelming that I simply can’t resist.

Forgive me, my sister from the shadows, for I know not what I do.

Here you sit all day, your hands on your lap and your eyelids semi closed, labouring on, carrying on, a composed smile on your beautiful face, your kindness and serenity shields to prevent people from guessing about the turmoil within, those voices that won’t leave you alone.

It’s while watching you that I’ve come to realise that your struggle is every woman’s struggle, for how many of us just sit there a smile on our faces and a laugh in our eyes to prevent people from digging deeper into our wounds? I’m Not Crying, Therefore I’m OK.

You’re always there for everyone, my sister from the shadows, you’re always humming a tune whose rythm only you know, engrossed in your own frequency, oblivious to the dirtiness of the world around you, your integrity the backbone of all your actions and words.

You sit there, your hands on your lap on your eyelids semi closed, and you thank all your Gods for the relief of friends to whom only sometimes you confide in, for the utter relief you feel when you open up and share the tightly knit knot of woes and worries you carry with you everywhere you go.

There is so much more to you than what you let on, so much more to you than apparent peace of mind and carelessness, so much more to you than your daily work, your daily routine, the same actions repeated ad nauseam while you try to fight the evils and intolerance preventing you to break free.

Within you I know there’s freedom and pride and love and joy waiting to burst out. Within you I know there are questions waiting to be answered, questions you don’t want to look at, questions you can’t live without answering. I sometimes wonder how long you’ll be able to keep it together, until how long you’ll carry on with the act.

Few people know you’re a poet, few people know your history, few people know the only times you truly can be yourself is when you’re completely alone, or when the vapours of alcohol take you to realms unknown to us where you can stop pretending.

Sometimes I look at you, your hands on your lap and your eyelids semi closed, and I see the despair of generations of women and men who have been violated in their very soul by societies who bestowed their loves only to those who abide by their laws and played by the rules tyrants made for fools.

Sometimes I look at you, your hands on your lap and your eyelids semi closed, and I wonder, you see, my beautiful sister, I wonder who you could be if only you’d allow yourself.

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Extrait du prochain roman

Shirine

Ça fait un moment que je n’ai plus revu la petite voisine d’en face avec sa sempiternelle tête d’enterrement, elle doit certainement s’être fâchée avec son coiffeur qui l’aura ratée non mais quel drame vous imaginez l’angoisse, im-pos-sible de sortir dans les rues d’Alep, elle deviendrait la risée de sa confrérie de Débiles Profondes imbibées de café et de tranquillisants, l’horreur.

Je suis méchante, je suis horrible je le sais, mais rien ne me mets plus en colère que le potentiel gâché et les vies perdues comme ça, bêtement, sacrifiées sur l’hôtel des convenances et des qu’en dira-t-on. J’en ai trop vu, là-bas, à Beyrouth, j’en ai trop vu succomber à l’appel des sirènes du confort facile et de la respectabilité, j’ai vu trop de femmes se plier aux exigences de mères pressées d’organiser des mariages monstrueux, j’ai entendu trop de soupirs et séché trop de larmes de mes amies brillantes, intelligentes et vives dont l’éclat, l’intelligence et la vivacité ont été terni par le voile virginal dont on les a affublées. Je n’en peux plus me disait Katie, ma douce Katie, ma musicienne hors pairs qui nous divertissait entre les cours en jouant de son éternelle guitare, je n’en peux plus ma mère me rend folle, elle me demande environ toutes les deux secondes ce que je fais encore à étudier, que si je continue comme ça aucun homme ne voudra de moi. Je n’en peux plus, je te jure Shirine, je vais hurler.

Elle a fini par ne pas hurler. Quelque temps plus tard, déjà prise dans mon histoire avec Georges, j’ai reçu un faire-part blanc crème calligraphié en arabe, m’annonçant le mariage de Katie Dammouni et Nicolas Constantine. J’aurais aimé avoir ton courage, tu m’as dit, le voile blanc rendait flou ton visage, j’aurais aimé avoir ton courage Shirine.

Mon courage? Aimer un militant, un homme de cœur et de principes certes, mais un révolutionnaire imprévisible, rejoindre le front progressiste, perdre ma famille, ma candeur et ma vision du monde, tout ça pour finir guide touristique à Alep. Quelle blague. Que l’on ne me parle pas de courage là où je n’ai tout simplement pas pu faire autrement. Je ne pouvais pas regarder un peuple se faire massacrer, je ne pouvais pas supporter qu’on leur prenne leur terre, qu’on les chasse, qu’on traque leurs poètes jusque dans les ruelles de ma ville sacrée, je ne pouvais pas voir tout ça et ne rien dire, et ne rien faire. Je n’aimais pas beaucoup leurs dirigeants c’est vrai, l’Organisation n’était pas aussi bien policée ou irréprochable que je l’aurais voulu c’est vrai, je me suis engagée au début par amour et sur la simple base que ces personnes dont le sang coulait étaient des êtres humains c’est vrai, mais oh mon Dieu que j’ai aimé le peuple Palestinien, autant que le Libanais, autant que mon pays. Leur tragédie est rapidement devenue la mienne, je voulais voir se créer un front arabe de résistance, je voulais que justice soit faite, je ne voulais pas m’enfermer dans une communauté, une région, un quartier, une mentalité. Je voulais que nous comprenions tous que ce qui touche nos frères nous touche aussi, que l’un ne peut vivre en paix tant que l’autre sera foulé aux pieds, renié dans sa chair et dépouillé de son humanité.

Alors moi aussi, j’ai fait un choix.

Je ne sais pas, Katie, laquelle de nous deux a eu raison. Je sais juste que je n’étais pas faite pour abdiquer.

Malheureusement pour moi, nous n’avons pas été assez à nous rallier autour de cet idéal, car oui, c’en était un, je n’ai jamais vraiment compris les gens qui considèrent que l’idéalisme est de la naïveté. Si vous n’avez pas un idéal auquel croire, alors pourquoi se battre? Autant se résigner, vivre une demi-vie sans jamais espérer voir les choses s’améliorer, ou se résoudre à lutter cyniquement, pour l’argent ou le pouvoir, comme la plupart des hommes politiques que j’ai croisé. Je ne sais pas vous, mais je préfère être taxée d’idéaliste plutôt que de jamais courir le risque de voir l’étiquette de la corruption attachée à mon nom.

Elle m’intrigue, cette voisine, depuis que je l’ai vue toute pâle sur son balcon, comme un îlot de solitude au milieu des rires faux de ses convives, elle aussi, elle doit être une vie gâchée. Parfois je regarde les femmes autour de moi, ces femmes arabes pour qui j’ai voulu donner mon sang et ma vie pendant la guerre, et un amour inextinguible s’empare de moi. C’est que je les aime, toutes, vraiment et sincèrement, et c’est pour cela que leur condition de citoyenne de deuxième classe m’énerve, c’est pour cela que je ne supporte pas d’en voir certaines se comporter non seulement comme si elles ne se battaient pas contre leur statut, mais encore comme si elles le célébraient, comme si jouer le jeu du sexisme patriarcal leur conférait une aura particulière, une place privilégiée au sein du monde des Hommes Gris et Bedonnants qui ont l’heur de présider aux destinées du monde depuis des siècles. Elles me rappellent ma grand-mère, engagées dans une course contre le temps, refusant de vieillir, annihilant leur dignité de femmes, perdue qu’elles sont dans leur volonté d’être la Favorite, celle qui fait tourner les têtes et se vider les porte-monnaie.

Mais même elles, je ne parviens pas à les détester ou à les mépriser. Je les aime parce qu’au fond, elles ne font que répéter jusqu’au grotesque ce qu’on leur a inculqué, elles ne font que respecter les règles d’une société qui les mettrait à son ban pour oser les braver, comme moi qui ai perdu ma famille lorsque mes convictions n’ont plus été au diapason des leurs, et soyons honnêtes, qui aimerait se retrouver dans ma situation? Peu nombreuses sont les femmes qui oseront se défaire comme ça d’un seul coup du carcan qu’on tente de leur imposer, non, vraiment, ce n’est pas possible. Il faut du temps, il faut prendre le temps de leur parler et d’ouvrir les yeux de celles qui peuvent très bien prendre leur destin en main si seulement un déclic se faisait en elles.

C’est ce que j’ai envie de dire à ma petite voisine, je dis petite, mais vraiment, elle doit être de quelques années plus jeune que moi seulement, elle est encore belle malgré son air enfantin, son visage gardant quelques traces d’un vague air poupin, de celui qu’ont les filles trop gâtées.

J’aime mes sœurs arabes jusque dans leurs contradictions les plus retorses, j’aime leur générosité, leur chaleur, leur inquiétude pour tout le monde sauf pour elles, leur dignité devant l’adversité, leur force et leur volonté, leurs yeux soulignés de khôl, leur pugnacité, leurs fredonnements de Fairuz, le murmures de leurs prières, tout ce qu’elles recèlent de bon et que je tente de garder à l’esprit quand j’entends leurs cancaneries pétries de préjugés, leur étroitesse d’esprit, leur méfiance envers ce qu’elle ne connaissent pas, tout ce que j’aimerais changer.

Millie m’a appelé pour m’informer que mon coup d’éclat envers son amie la pieuvre avait déjà fait le tour du voisinage et que dans la version actuelle de l’histoire j’avais déjà jeté ma tasse de café brûlant à la tête de cette charmante Madame Alice en l’agonisant d’injures. Il va sans dire que je suis à présent la Libanaise putassière qui a dû se sauver pour on ne sait quelle raison, mais je te le dis moi Souad, ce n’est pas normal que cette fille habite seule sans que l’on sache rien d’elle et bla bla bla.

Millie veut rire mais s’inquiète pour moi et ma réputation, qui est soit dit en passant le dernier de mes soucis, et je raccroche le téléphone sur ma vieille amie angoissée pour voir le ciel se teindre de pourpre sur l’ocre d’Alep, comme la grenade éclatée sur la mhalabbiyyé que me préparait une des deux cent cinquante bonnes que ma mère prenait un malin plaisir à embaucher et renvoyer à tours de bras. Au fond, je n’ai pas le droit de parler des autres ou de les juger, je n’ai jamais fait attention outre mesure à ces jeunes filles qui venaient travailler à la maison, empêtrée que j’étais dans mes histoires, incapables de me rendre compte des allées et venues de ce que ma mère appelait « le personnel de maison », personnel qui changeait à une vitesse trop rapide pour que je puisse suivre ses révolutions et développements. Je ne me cherche pas des excuses, je constate (et oui, j’essaie de m’absoudre, que croyez-vous, que je suis une sainte?).

J’allume ce qui doit être la centième cigarette de la journée, et regarde le ciel se mettre en colère contre le blanc poussiéreux de la ville, les voitures de taxis chinoises et iraniennes se battant à coup de pots d’échappement défectueux, toutes enguirlandées de fleurs artificielles, leurs courses pétaradantes se perdant dans le brouhaha incessant de Aziziyé, je regarde cette ville qui m’a accueillie quand ma ville sacrée n’a fait que m’engloutir et je me dis que oui, j’ai beau aimer les femmes arabes, ça me fait mal de penser que certains de mes camarades sont tombés en tentant d’offrir à des femmes comme Madame Alice un monde plus juste où leurs médisances auraient eu moins de prise sur une société plus égalitaire.

En bas de l’immeuble, dans la ruelle qui nous sert de cours, ma voisine sort prestement d’un taxi populaire, l’air pressé de finir de payer et de rentrer chez elle, en regardant à droite et à gauche comme un animal traqué, pâle comme à son habitude, le regard vide et les yeux aux aguets. Elle ressemble à toutes ces femmes qui marchent de par le monde sans connaître leur valeur, et je suis trop fatiguée de ma propre existence pour l’aider à se regarder dans un miroir avec d’autres yeux que ceux de son mari ou de la société.

How to Live with A Revolutionary Without Losing Your Head (Or Selling His)

Chapter 4: On Holidays

People, first and foremost, you need to know that the revolutionary never takes holidays, for how could he? Have you ever seen Che Guevara submitting his Request for Leave to Fidel? Has the world ever witnessed Trotsky wearing Hawaïan shirts and flip flops, lounging by a capitalist pool, sipping piña coladas?

My point exactly.

Nevertheless, the revolutionary does need to rest sometimes, if only to let the beautiful poetry of the Russian Revolution by Comrade Trostky sink in. He therefore goes on “Cultural/sociological” field trips (what you and I would call holidays, but let’s humour him for the sake of his own conscience).

You, of course, only too happy to extract the revolutionary from his natural habitat (aka scrubland), will make the foolish mistake of going with him. Big, big, mistake.

You’ll say: What a beautiful city! Look! Have you seen the seagulls? Such wonderful colors!, while shooting pictures right, left and centre with the dexterity of a Nikon employee.

He’ll say: Did you witness how integrated within the global neoliberal system this country is? This confirms EVERYTHING Comrade Trostky has ever said!

Er. No.

Appalled by your evil capitalistic tendencies to buy shoes (But I don’t understand, you bought a pair last week) (as if that were the point), he will take you to do long walks in remote areas where he’s more or less assured there are no shops, where you’ll happily stroll, talking about everything. Roaming streets and places, you’ll let yourself believe the revolutionary has forgotten the revolution for a teeny split second.

How naive. 

All of a sudden, the revolutionary will have his eyes all alert, you’ll feel his blood pulsing through his hands, his cheeks reddening, an air of excitment invading his whole person. Had he finally noticed the seagulls and beautiful colours?

Au contraire my good friends. The revolutionary. Has. Spotted. A. Comrade.

From afar, while walking, the revolutionary will spot a man manning a booth, with what looks like revolutionary papers spread across his table, all sickles and hammers and red tones and what looks like Lenin in the background.

This is where you will have to demonstrate strength, for the revolutionary will almost give in his impulse to make a run for it and go and buy the whole stand and talk to his Comrade. You will be strong and make him see sense. “This is not even in a language you understand! Do you mind for one small second not start a revolution seat everywhere you go? You are NOT Che Guevara! And his Focos theroy had like a gazillion flaws!”.

“But you don’t understand! The Revolution is Permanent! Comrade Trostky said so! It’s Universal! It’s everywhere! It0s the 4th International! And am I mistaking or did you just insult Comrade Guevara?!”

All I’m saying is, be prepare for a struggle. And not the proletarian kind.

You’ll soon resume your walk, with talks about how the revolutionary is looking forward to his next trip to some conflict ridden area, where he’ll get a chance to support his Comrade. The Revolutionary will of course not understand your misgivings about this “But I’ll pay attention” he says, as in, he’ll pay attention not to get beaten too much, or pepper sprayed too much, or arrested too much.

And you, whose parents overprotected (this is dangerous. don’t go there. you’ll get sick. you’ll catch cold), ah my friend, you’ll be prepared. A strategy to get him out of prison up your sleeve is always an advantage.

The Revolutionary will laugh, and eventually tell you: “You’re funny. You should write that in that little column of yours”.

So I did.

For my revolutionary, who, against my better judgment, I married last month.

I’m a Lebanese Doctor and I want to make millions on women low self esteem

This is the tag line that could (and should) be written under Dr (Although I wonder why I even bother calling him that) Dany Nasr and the obscure “beauty” consultant Fabiola Mendelek, who have gratified us with this (thanks to Ivy Says for pointing it out in her by the way excellent blog):

Now that we’re done gagging, I’d like to outline one or two things to these dangerous people:

1) First and foremost, “Doctor”, with the catastrophic rate of breast cancer happening everywhere in the world and affecting more and more young women, and the disappointingly low rate of women who actually go and get checked, the only ad for breasts you should be running is an advocacy campaign encouraging women to go get mammograms and echographies so they can enjoy a healthy body.

2) Encouraging women on billboards to go and get plastic surgery doesn’t exactly scream competent doctor with a strong sense of integrity to me. Perhaps you have early Alzheimer’s (and I’d strongly encourage you to have that looked over) but plastic surgery is no walk in the park, it’s not a “fun” thing to do as you seem to be implying, it entiles a medical procedure with all the risks that it brings and all the possibilities of failure that go with it. And since you’re clearly more interested by making money (for who else would order and agree with such a despicable, condescending, greedy ad?) than by your patients’ health, I would definitely not entrust you with my body (not even with my little toe, and God Knows I’m not a huge fan)

3) In a country where people struggle to make ends meet, in a global society where it seems that everything is for and on sale, you, as a doctor, should take a stand against this trend of the merchandisation of the human (and more often than not) of the woman’s body. You’re basically sending out the message that no woman would ever be complete without your intervention on her breasts, and who doens’t want to feel complete? What if I don’t have the money to pay for your next Prosche Cayenne? Well, fair enough, I’ll take a loan/Papi will give me/ Saudi Sugar Daddy will provide. Bravo, Dr. Nasr, spot on in supporting the development of your country.

4) Last but not least, it’s the incredible (stricto sensu, as in, I can’t believe it, can’t get my head around it, can’t fathom the fact) message that you’re sending out to women that bother me the most. So women’s body are “a work in progress”, they’re simply awaiting your holy hands to shape them, to make them beautiful. As a doctor, your duty is to heal body and mind, not to fuck up the mind while possibly maiming the body. Instead of encouraging women to be healthy and accept themselves the way they are in all their glorious diversity, you and your colleagues seem to be on a cruisade to have Lebanese women all look alike, with the same boobs, bee stung lips, cheekbones and thighs, and by the scary Mondanités pages, my God but you’re doing a crap job. According to your ad, women always have room for improvement (while men and their pot bellies and hairy backs are ok) and the salvation will come from you! Thank you God My chest is saved!

Do you know what Dr.Nasr, I’ll first and foremost tell my publicist that in proper English Médecin is Doctor and not Medecin (WTF?) and I’ll make the consicous decision to be freaking fabulous by my own self confidence, which doesn’t require the hands of any so called “Medecin”.

I rest my case.

Parfois, Je Rêve

Parfois, je m’assieds et je rêve. Posée, silencieuse et contemplative, les yeux grand ouverts et l’esprit en ébullition, je rêve éveillée des choses qui ne sont pas.

Parfois, je rêve. Je rêve d’un Liban uni et unique dans sa multiplicité, je rêve à des enfants fiers d’être ce qu’ils sont, des êtres humains, ni plus, ni moins.

Parfois, je rêve au Liban de Fairuz, notre seule et unique pierre préciseuse, je rêve que tout le monde ait son courage, de ne pas chanter jusqu’à ce que les hostilités cessent. Nous aussi, nous devrions apprendre à nous taire quand les mots ne servent qu’à blesser.

Parfois, Je rêve d’une population libanaise en grève de bêtise.

Parfois, je rêve que l’on se foute éperdument de quelle famille je suis, que mon prénom ne trahisse pas ma confession, que mon nom de famille ne serve pas à me placer dans une région, un village, un quartier, assortis de commentaires plus ou moins méprisants sur mon origine sociale et religieuse, sur mon potentiel de mariabilité.

Parfois, je rêve que Georges et Ali voient au-delà de Georges et Ali.

Parfois, je rêve que Elie et Abir puisse se marier, comme ça chez eux, au Liban, juste parce qu’ils l’ont décidé et qu’ils en ont le droit, sans que le abouna ne fronce les sourcils, que les parents fassent une syncope collective, que le Sheikh ne s’étrangle de furie et que les gens parlent derrière leur dos en se poussant du coude, hochant la tête d’un air entendu et émettant de petits bruits dédaigneux (tssk tsssssskkk) sur trois générations.

Parfois, je rêve de pouvoir donner la nationalité d’un pays qui me rendrait fière à mes enfants.

Parfois, je rêve de voter pour un programme et une vision politique, pour des idées plus que pour de l’argent, pour des mots et des actions et non pas pour des religions.

Parfois, je rêve que mes cousines, mes soeurs et mes amies ne soient pas stoppées dans leur carrières parce que ce sont des femmes qui n’ont pas la chance d’appartemir au bon hezb, celui du directeur ou du ministre.

Oui, parfois je m’assieds là et je rêve, l’esprit en ébullition et les yeux grands ouverts.Je m’assieds devant la mer pleine de boue de mon pays, et j’aimerais bien la nettoyer.

Parfois, je rencontre des gens qui ont les mêmes rêves.

Alors on se lève, les yeux grand ouverts et l’esprit en ébullition, et l’on cesse de rêver pour se mettre à parler.

Venez marcher avec nous à Beyrouth, Paris, Washington, Genève, et partout ailleurs le 15 mai 2011 pour la Lebanese Laique Pride https://www.facebook.com/profile.php?id=1190696935#!/pages/LEBANESE-LAIQUE-PRIDE/119614218069057