Moi, J’ai Peur

J’ai peur quand j’entends les journaux télévisés égrener le nombre de morts comme s’ils parlaient de l’état catastrophique des tomates de M. Durand, honnête citoyen indigné de la médiocre production de son potager.

J’ai peur de regarder les vidéos sur YouTube, qui vous montrent en live direct des hommes, des êtres humains, se faire trucider par des ombres, par des assassins invisibles qui distribuent la mort, la plupart sans aucune notion de ce qu’ils sont en train de faire, juste pour l’effarante raison qu’on leur en a donné l’ordre. Je ne me suis forcée à regarder qu’une seule vidéo de manifestation réprimée dans le sang, en Libye. Ca m’a suffit, j’ai eu la nausée pendant une semaine. Je sais que l’on tue, je n’arrive juste pas à regarder la boucherie en face.

J’ai peur de la désinformation, j’ai peur d’être manipulée.

J’ai peur de retrouver un jour un nom familier dans le chapelet macabre, noyé au milieu des larmes des autres familles et amis, de me retrouver seule face à cette douleur, car on est toujours seul face à la douleur, impossible de la partager celle-là, et tant mieux, à quoi bon?

J’ai peur de la fin du printemps, couleur de sang.

J’ai peur de la respiration haletante des gens qui rendent l’âme sur mon écran d’ordinateur, leurs cris de liberté interrompu par leur souffle raréfié et sifflant, leurs hululements de Horriyé! entrecoupés de prières à Dieu, de supplications. J’espère que Dieu leur réserve un aller express pour le Paradis, j’espère qu’il allège leurs souffrances dans leurs derniers instants. Il y a mourir dans son lit et il y a mourir sur le bitume brûlant d’une ville qu’on a trop aimé, en homme et en femme libre. Ceux-là on fait un choix que je me demande si j’aurais le courage de suivre.

Par dessus tout, j’ai peur d’avoir peur. J’ai peur de me plier aux stratégies des monstres: frapper un coup, fort. Les tétaniser. Couper l’élan, tuer l’espoir. Répéter jusqu’à annihilation totale et intégrale des forces vitales d’un pays. Faire Peur. L’horreur comme arme, et le fusil pour conscience. Je veux me dire que moi aussi, le jour venu, je saurai répondre à l’appel de la liberté, sans avoir peur, comme ces millions d’hommes et de femmes qui, eux aussi, ont eu peur, mais se sont décidés à se battre.

Devenant, instantanément, libres.

Nous, Les Peuples

 

Un petit peuple libre est plus grand qu’un peuple grand peuple esclave.
Victor Hugo

Ils pensent que je suis bête, que l’on peut me flouer, me manipuler, me faire peur et me faire marcher à la baguette. C’est vrai que j’ai une capacite de résistance et d’endurance qui va jusqu’a dépasser l’entendement. Malheureusement pour eux, ils n’ont toujours pas compris que je peux tout supporter, en gardant dans mon coeur l’espérance de jours meilleurs, puis un jour, j’explose, et ils se retrouvent désemparés. Comment, se demandent-ils, oui, comment est-il possible que ces veaux (j ai ete taxé de nombreux epithètes plus ou moins glorieux à travers les âges) restent endormis des decennies durant, puis se réveillent et crient comme mille sirenes hurlantes? Alors ils cherchent de coupables, à peu près partout sauf là où ils risquent de les trouver, parce que les seuls coupables, ce sont eux, ils cherchent des coupables et me traitent de traître, me disent que je suis aidé des autres, de l exterieur, d’une entité abstraite qui m’est aussi étrangère que l’air parfumé et poudré de leurs palaces quatre étoiles . D’un seul coup je deviens un espion, un rebelle, l ‘ennemi à abattre. Mais moi, je ne veux que du pain, mes droits et de l’espoir. Je me bats comme une bête enragée si je n ai pas ces choses, parce qu’alors je ne vis plus, et donc je lève mon point et je supporte les balles, les coups et les viols. Je n’ai pas peur, à quoi bon puisqu’en ces minutes je suis immortel, et je me soulève comme une vague, la lame de la marée humaine de justice me porte et m’emmène à la victoire, tandis qu’eux, perplexes, continuent à s’interroger, mais qui les a informé de leurs droits ceux-la, ils n’ont pas compris que moi, je n ai pas besoin qu l’on m’ éduque à la liberté, je n’ai pas besoin qu’un homme vienne m’apprendre la dignité, ces choses-là, je les connais, elles sont inherentes à ma nature, elles font partie de la condition des  femmes et des hommes qui me composent. Je connais mon propre chemin, et je le suis, malgré les coups et les baffes, malgré les déceptions et les mensonges, malgre mes membres qui tombent pour ne plus se relever, heureux dans la joie d’être morts des hommes et des femmes libres. Je garde ma tête haute et mon esprit en ebullition, je suis le peuple, je n’ai ni frontieres ni religion, je suis le même aux quatre coins du globe, Ma patrie est l’humanité, ma mère et ma fille sont révolutions.

Je suis le peuple, immuable et indestructible, la justice est mon drapeau, liberte est mon credo. 

Rendons à César…

Ahhh de retour à Beyrouth après avoir crapahuté à travers la Syrie… Comme j’aimerais pouvoir passer directement à mes rêveries Beyrouthines, sans me sentir obligée de commenter mon passage à Damas.

Soit, allons-y, je me lance. Le dois-je vraiment? Apparemment. Très bien, voilà, j’ai beaucoup aimé Damas. Voilà, je l’ai dit, ne pourrions-nous pas passer à autre chose? Voyez-vous, je suis Libanaise, et être Libanaise équivaut le plus souvent à cracher sur Damas, sa mosquée, sa population, son régime, son accent. Vous l’aurez compris, il n’est que fort peu de bon ton d’aimer Damas lorsque l’on vient du pays du Cèdre. Je suis donc ainsi génétiquement, juridiquement et éthiquement tenue de cracher sur la capitale d’un pays avec lequel le mien entretient une relation passionnelle oscillant incessamment entre amour et haine.

Je voudrais vous y voir, moi, mes chers compatriotes Libanais, lorsque la mosquée des Ommeyades vous nargue de toute sa splendeur millénaire, lorsque les marchands de Tamar Hindi (Boisson préparée à partir d’hibiscus) vous charment de leurs mots doux rythmés du cliquetis de leurs verres. J’aimerais vous voir dénigrer Damas lorsque l’affabilité exquise de ses habitants vous fait sentir la bienvenue. Pas facile, vous en conviendrez, lorsqu’une ville sur laquelle vous avez des préjugés n’a pas l’amabilité de s’y soumettre, et pire, a l’outrecuidance d’en être l’opposée. Oui, effectivement, je suis bien d’accord, Damas aurait pu faire un effort.  

C’est donc la mort dans l’âme que j’ai dû me rendre à l’évidence. Après avoir déambulé dans le quartier de Bab Touma, dîné aux fameux restaurants de Haretna et Naranj, marchandé avec un antiquaire pour une ancienne montre suisse à fonctionnement manuel, discuté avec des passants, des touristes, des étudiants en arabe et autres écrivains en goguette, j’ai fatalement dû admettre, à mon corps défendant, que la ville de la dynastie des Assad est non seulement belle, mais aussi dynamique, en pleine ébullition, mystérieuse et animée. Plus ouverte qu’Alep et plus fidèle à son héritage arabe que Beyrouth, Damas offre à ses habitants pléthore d’activités culturelles et sociales, de concerts de Marcel Khalifé dans sa citadelle à des jams improvisés au coin d’une rue de la vieille ville.

Damas m’a charmée, mais je te jure Beyrouth, tu reste mon seul amour (Beyrouth est ma vieille épouse jalouse, je ne peux décemment pas couvrir d’éloges une autre ville qu’elle, elle risquerait de me fermer ses portes et de me bouder sans fin).

Poste Restante, Alep

A toi mon ami qui voyage à travers la Syrie, arrête toi un peu sur la route des caravansérails, sur ce qui fut le haut lieu des intrigues ottomanes et européennes, cité du textile sur la route de la soie, citadelle imprenable de Saladin, le joyau de la Syrie avant l’avènement de sa sœur ennemie Damas. Il y a les couleurs, ou plutôt, la couleur. Du blanc dans toutes ses déclinaisons: beige fané des vieilles églises, ocre doré des nouvelles constructions, rose poudré des exquises mosquées décorées de stuc, nacre des meubles damascènes, soleil de plomb passant du jaune au blanc à force de trop briller les mois d’été. Ça et là, un dôme de turquoise tente de rivaliser avec le ciel pour trancher de bleu cette étendue de lait. Alep se remet péniblement de siècles de grandeur, suivis de décennies d’ostracisme imposé par le régime au pouvoir, punition infligée à toute une ville pour le conservatisme obscur d’une poignée de ses habitants. Haut bastion des Frères Musulmans, l’influence du mouvement de Hassan Al Banna se fait encore sentir dans de nombreux domaines de la vie quotidienne des Alépins, notamment, pour ce qui est de sa manifestation la plus visible, dans l’habillement des femmes. En effet, la vaste majorité des Alépines musulmanes portent le voile, et bon nombre portent le Niqab, n’hésitant pas à compléter leur ensemble de gants et de voiles cachant la totalité de leur visage. Si l’habillement féminin semble des plus conservateurs, il serait faux de prétendre que la ville millénaire est repliée sur elle-même, fermée à toute forme de différence. Pour preuve, la présence significative de chrétiens, syriaques et arméniens ayant fui le génocide de 1918 pour la majorité, mais représentant une myriade d’églises chrétiennes d’Orient, cohabitant sans heurts avec la majorité sunnite de la ville. Églises et mosquées se côtoient, sans se mélanger outre mesure, certes, mais sans qu’une partie tente de réduire l’autre au rang de citoyen de seconde zone. La politique protectrice des minorités de la dynastie Al Assad y est sans doute pour beaucoup, toujours est-il qu’une femme, arabe ou non, marchant dans les rues d’Alep en débardeur et pantalon, ou en robe quelque peu ajustée attirera certes les regards, mais ne causera pas non plus d’émeutes et d’appels au comité de protection des mœurs. Je suis bien placée pour le savoir, ayant moi-même été cette femme, très typée arabe qui plus est. Alep est la ville idéale pour se perdre dans le dédale des ruelles pavées de sa vieille ville, sacrée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Loin d’être une ville musée, bon nombre d’Alépins habitent encore la vieille ville, assurant par là la pérennité de ville habitée et non pas seulement de ville touristique à visiter. Les habitants vaquent à leurs occupations, sans se soucier outre mesure que le sol que foulent leurs pas renferment les pas de siècles d’habitants avant eux, ayant battus ces mêmes pavés. Malgré le conservatisme moderne, Alep me fait toujours l’effet d’une ville bien plus mystérieuse qu’il n’y parait. Au dehors, la doctrine musulmane sévère, les embouteillages de taxis (Note sur les taxis d’Alep: ceux-ci sont un véritable poème. La Flotte Jaune est composée de voitures chinoises et iraniennes, au moteur faisant penser à un chat enroué, rafistolées de toute part, décorées à l’intérieur de manière absolument kitchissime, avec des roses, des guirlandes, des autocollants de Hafez et Bashar al Assad, musique bédouine ou arabe de la pire facture s’éraillant des auto-radios. Chaque voyage est un flirt avec la mort, mais permet également de mieux découvrir la ville et de parfaire ses connaissances des routes et quartiers, les chauffeurs n’ayant le plus souvent pas la moindre idée de l’endroit où vous les supplier de vous accompagner.) , je disais donc, au dehors, les apparences d’une ville arabe moderne, en pleine phase de développement après avoir été négligée et mise au ban du pays, au dehors également les restaurants n’offrant pas d’alcool. A l’intérieur, les intrigues de la nuit, les secrets murmurés à l’abri des persiennes et des khans, les fêtes où les spiritueux coulent à flot organisées derrière les portes closes. Au sous-sol, des tunnels partant des vieilles maisons arabes (la plupart reconverties en boutiques hôtels), conduisant directement à la citadelle, stratagème de défense imaginé afin de protéger la population en cas d’assaut sur la ville. Je pourrais disserter des heures sur les souks, ces labyrinthes abritant victuailles, robes de mariées en nylon et tulle et autres bijoux en or grossièrement travaillés, sur les boutiques de lingerie arborant dans leur vitrine les derniers modèles de déshabillés dont je suis convaincue qu’ils sortent tout droit d’un dressing de film X ou d’un sex shop néerlandais, sur les vendeurs du fameux savon d’Alep disposant artistiquement leurs précieux cubes en tours et autres constructions élaborés, ou encore sur l’incroyable affabilité des gens, arborant une certaine innocence que beaucoup de Syriens ont su conserver. Je pourrais converser des heures sur la citadelle, sur les codes et autres règles immuables qui quadrillent la société Alépine, sur la scène artistique émergente (le festival de la photographie d’Alep est parmi l’un des plus inportants du Moyen-Orient). Je pourrais vous parler de la Ville Blanche pendant des heures encore, mais je préfèrerai que vous vous y rendiez pour en admirer les richesses.

Conseils:

 —> Réserver une chambre dans un boutique hôtel de la ville, ces maisons arabes rénovées valent le détour. Quelques noms: Le Mandaloun, Le Jdaydé, Le Yasmeen ou encore le Mansouryié, le plus luxueux avec seulement 8 chambres, toutes décorées selon un thème différent, allant de la Chambre Hittite, à L’Ottomane, en passant par la Grecque

—> Aller prendre un plat de Foul chez Abou Abdo à Jdaydeh, véritable institution de la Ville, puis rendre une petite visite à Issa Touma, photographe et directeur de la galerie Le Pont Gallery

—> A Lire: Le premier et dernier roman du très regretté Robert Tewdewr Moss Cleopatra’s Wedding Gift

Le Caire Mon Amour

Chroniques Du Caire

Petites inpressions du Caire écrites lors de mon voyage là-bas il y a quelques semaines…

 

Je déclare le Caire Ville Vivante. Beyrouth est trop torturée, Amman trop ennuyeuse, Alep trop solennelle. Mais Le Caire…Ah le Caire.

Rien ne m’avait préparé pour ce sentiment incroyable de vie que l’on ressent à peine arrivée. Il n’y a pas d’autre mot pour ça, rien, à part la vie elle-même. Cette ville vous ferait presque oublier les tergiversations incessantes du quotidien et les expériences amères qui vous pourrissent la vie et vous plombent le cœur.

Peut-être que l’excitation pré-Cairote dont je fus l’objet n’a en rien aidé mon émerveillement constant. En atterrissant j’ai vu le Nil, je me suis dit, mais je vois le Nil Bordel!!! Comme dans « mort sur le Nil ». Comme dans « Nil=Nasser=Nationalisme Arabe Chronique=Mon père, sourcil unique et pattes, manifestant pour l’Algérie libre dans les années 60 ».

Le Caire est aussi une ville où je peux me prendre pour Carrie Bradshaw. Assise près de ma fenêtre (d’où j’ai vu sur le Nil Bordel!!!) je peux fumer autant que je veux (les Egyptiens ont d’autres chats à fouetter que de pourrir la vie de pauvres gens comme moi qui ne demandent de ce monde qu’un peu de nicotine) et écrire toutes mes bêtises en écoutant la clameur d’en bas, les klaxons de conducteurs qui s’énervent, les conversations animées qui me viennent par bribes, la musique arabe bling bling qui vous donne des envies devenir une Raqassa dans la plus pure tradition égyptienne, brushing hollywoodien et maquillage de camion volé y compris.

On toque à la porte de ma chambre, mon dîner arrive et là je demande au jeune homme qui m’apporte mon shish taouk et mon riz oriental si je peux fumer (masmouh el tattkhin?) et lui « ah, akid », oui bien sûr, bien sûr que vous pouvez fumer mademoiselle, si déjà on doit se taper Moubarak, si en plus on ne peut pas fumer autant faire la révolution ou crever. Si en plus je lui parle en dialecte libanais, alors là c’est bon, même si c’était interdit il me l’aurait permis.

Mon premier guide pour le chemin aéroport-hôtel est une jeune fille copte répondant au joli nom de Sandra. Ne voulant pas faillir à l’hospitalité arabe, Sandra fait tout un détour pour me montrer un peu sa ville, et ponctue ses coups de frein et de klaxons en tentant de maîtriser les embouteillages dantesques du Caire d’explications en égyptien chantant. Sandra est égyptienne copte, a été à l’école du Sacré Coeur Catholique et à l’université Britannique du Caire, et est par conséquent parfaitement trilingue, ce qui est une chance pour moi qui avait peur de passer pour votre libanaise de base mélangeant allègrement les trois langues avec pour but final de sérieux doutes quant à ma maîtrise d’une en particulier.

Sandra me demande ce que je sais du Caire, de l’Egypte, si je connais les films égyptiens, et se montre très volubile sur tout ce qui à trait à sa ville. D’un point de vue historique et social si je puis dire, car si Sandra me décrit avec délices les différents quartiers de la ville en fonction de la position sociale et la fortune de ses habitants, elle se ferme complètement lorsque j’aborde des sujets un peu plus épineux, comme oh, je sais pas moi, la situation des droits de l’homme en Egypte à l’ère Moubarak (j’ai en tête deux trois noms de blogueurs qui me viennent à l’esprit là tout de suite) ou encore la situation avec les Palestiniens de Gazah au passage de Rafah. Ça, Sandra, et ben elle veut pas en parler. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle a peur que je sois une espionne à la solde du régime, si elle a peur qu’il y ait un micro dans sa voiture ou si tout ça la gonfle au plus haut point, toujours est-il que je me sens tout de même un peu impolie à pointer du doigt les fissures d’un société et d’un système à peine arrivée. D’autant plus que je suis libanaise, et que question droit de l’homme et droits des palestiniens, il me semble que je n’ai de leçons à donner à personne.

Je me tais donc,hoche la tête comme elle me montre du doigt l’entrée de Khan el Khalilli (très jolie au demeurant), manque de hurler en voyant la statut Om Kalthoum à Zamalek (s’ensuit un exposé nourrit de ma part sur Oum Kalthoum et sa villa à Zamalek, dont Sandra n’a aucune idée et d’ailleurs se fout éperdument. Oum Kalthoum, c’est pour les vieux me dit-elle. Je suis une vieille conne et je le vis bien) et m’émerveille devant le citadelle et les merveilleuses mosquées. C’est beau, le Caire (ou ce que j’en ai vu).

Dès que je parle à quelqu’un on me demande si je viens de Syrie ou du Liban, on est très content si je réponds Liban et moi j’ai bien peur que ce soit pour les mauvaises raisons. Ce que me confirme Sandra qui me dit que les volontaires mâles de notre association en Egypte avait tous levé la main pour aller accueillir notre délégation libanaise à l’aéroport. Il me semble devoir rétablir une réalité criante, qui brisera un mythe je m’en rends bien compte, mais absolument nécessaire.

Voici donc.

Messieurs, je m’excuse platement, mais Libanaise n’équivaut pas, dans l’extrême majorité des cas, à Haifa Wehbe et Nancy Ajram. Ces deux jeunes femmes sont des exceptions, elles ne représentent pas la Libanaise moyenne, qui est bien flattée que l’ont trouve son accent mignon, mais qui n’a aucune envie que l’on établisse des conclusions hâtives quant à son ouverture d’esprit sexuelle.

 

Il est onze heures, la nuit est bien installée sur la Mère du Monde, le Nil coule tout doucement, et demain est un autre jour.